Les problèmes d’excitation

Les problèmes d’excitation

L'extérieur est une inépuisable source d'excitation pour le cheval : griserie de l'espace, plaisir du groupe, attrait du retour... Sauvegarder le calme constitue pour le cavalier une mission bien délicate.

L'excitation : un signe d'angoisse ou de bonne humeur ?

C'est en cernant correctement les causes d'excitation que le cavalier pourra jouer la carte de la prévention. Attention, la première impression est souvent trompeuse.

Fausses idées

Bien souvent, les cavaliers ont tendance à projeter leurs propres émotions sur leur monture et à lui prêter des sentiments humains ; c'est ce qu'on appelle l'anthropomorphisme. On s'imagine que le cheval est content de sortir, qu'il « en veut », qu'il a envie de faire la course ou de marcher devant. Bien souvent, l'excitation est donc confondue avec un signe de bien-être, de bonne humeur. Or, c'est rarement le cas.

Énergie ou excitation ?

Certes, il est des circonstances où l'on peut s'attendre à une légitime gaieté : celle du cheval enfin sorti du box, celle du groupe qui pique un bon galop... Mais lorsqu'une monture se montre perpétuellement agitée, y compris lors des temps de trot régulier, de pas ou d'immobilité, qu'elle ne sait pas se reposer et que seule la fatigue peut avoir raison d'elle, il est temps de se poser de sérieuses questions. Car on est sans doute plus près de l'angoisse que de la « bonne humeur ».

Signes de malaise

Avant de s'intéresser aux éléments extérieurs, qui jouent probablement le rôle de déclencheur, le cavalier doit s'interroger sur sa relation physique et morale avec sa monture. Est-il un partenaire rassurant et digne de confiance ? Sa manière de monter n'est elle pas source de douleur ou d'inconfort pour son cheval ? Laisse-t-il assez de liberté à l'encolure en cas de besoin ?

Angoisse de la séparation

On sait que le cheval est un être grégaire, qui répugne à quitter le confort rassurant du troupeau. Le simple fait de partir en balade seul ou de prendre du retard sur le groupe, voire de s'en éloigner, est vécu comme une expérience angoissante. Si son cavalier ne prend pas la peine de créer des liens hiérarchiques avec lui et de l'habituer progressivement aux séparations, celles-ci constitueront de réels traumatismes. Le cheval vivra ensuite dans la crainte anticipée d'une nouvelle séparation, s'efforçant de coller au groupe et de le rejoindre au plus vite - au point de ne même plus supporter de tenir normalement ses distances.

Devenir un partenaire rassurant

L'angoisse chronique du cheval trouve souvent ses racines dans un manque de confiance envers le cavalier. Même avec les meilleures intentions du monde, et beaucoup d'affection, il n'est pas toujours facile pour l'homme de se faire vraiment apprécier. La solution ? Créer des liens hiérarchiques et s'affirmer comme dominant. Alors, notre monture se sentira plus en sécurité à nos côtés et moins dépendante de ses congénères. Pour en arriver là, il suffit de lui apprendre à garder ses distances en main. Simple et efficace !

Les risques de l'habitude

Doté d'une excellente mémoire, le cheval repère très vite, sur l'itinéraire habituel, les endroits où l'on galope. Pour peu que cette activité y soit trop systématiquement répétée, il risque de s'exciter par anticipation en arrivant « sur zone ». Difficile de savoir si c'est parce qu'il se réjouit, parce qu'il redoute d'être distancé parle groupe ou par crainte d'aides trop appuyées. En tout cas, mieux vaut désamorcer son attente en évitant soigneusement la routine : ne pas galoper au même endroit plus d'une fois sur trois, ne pas démarrer exactement au même point, et si les chevaux montrent trop de signes d'anticipation, choisir le pas.

Quand la main entretien l’excitation

Le cavalier a sa part de responsabilité dans l'excitation de sa monture par les restrictions qu'il impose à sa liberté d'encolure. C'est un aspect du problème trop souvent ignoré.

L'indispensable balancier

On a tendance à oublier que le cheval a besoin de sa liberté d'encolure lorsqu'il évolue dans un milieu varié et plein de surprises. Si sa tête est bloquée par les rênes, il ne peut examiner correctement son environnement, il est gêné pour assurer son équilibre en terrain irrégulier et ressent une sensation d'enfermement qui l'incite à rester sur ses gardes. Cette gêne n'explique sans doute pas à elle seule l'excitation ou les mouvements de peur, mais elle les favorise toujours.

Une main mal acceptée

Certains chevaux d'extérieur souffrent même d'excitation chronique simplement parce qu'ils n'ont pas appris à accepter la main : ils passent leur temps à pousser contre elle, frénétiquement, comme si leur énergie était inépuisable, mais se calment instantanément lorsque le cavalier saute à terre et marche devant. C'est un problème assez fréquent chez les races ibériques, généreuses et sensibles.

Sortir du cercle vicieux

Il est difficile d'abandonner ses rênes lorsqu'on a un cheval qui cherche constamment à accélérer. C'est pourtant toujours LA solution, quelle que soit la cause de l'excitation. Il faut remplacer le contrôle physique par un contrôle moral. Expliquer au cheval qu'il doit rester de lui-même à l'allure demandée, en le mettant dans le vide, rênes à la couture, tant qu'il fait bien, et en intervenant brièvement pour le modérer dès qu'il accélère ; et ainsi de suite. C'est la seule solution efficace face à l'excitation.

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